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Le temps qui court (8)

Le_temps_qui_passeLe journal du Chaos

Article de Patrick Parment publié le 10 février 2011

La position de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, concernant ses vacances tunisiennes n’est pas tenable. D’une part, elle s’est passablement emmêlée les crayons dans des explications aussi oiseuses que vaseuses, d’autre part, et sur le fond, elle a fatalement tort, car en tant que ministre de la République, et des Affaires étrangères de surcroît, elle n’a pas à être redevable voire débitrice d’une puissance étrangère quelle qu’elle soit. Ce qui  vaut pour elle, vaut également pour François Fillon et Nicolas Sarkozy et leurs vacances égyptiennes et marocaines. A moins de payer de sa poche les loisirs qu’on veut s’offrir. Très insidieusement, Le Monde republie un article de juin 2000, où la mère Chirac s’offusque que Gerhard Schröder, Chancelier allemand, doive payer les billets d’avion de sa petite famille recomposée. Les Chirac s’offraient eux, aux frais des Parisiens hier puis des Français ensuite, des vacances somptueuses à l’île Maurice ou ailleurs et menaient grand train aux frais du contribuable.Par ailleurs, comme l’a souvent raporté la presse, Chirac, quand il avait à payer, le faisait toujours en liquide. Celui des valdoches qui transitaient au parti pour alimenter ses caisses ? 

Donc l’exemple vient de haut. Et, ce qui vaut à droite vaut à gauche. C’est proprement inadmissible et sans exemple similaire en Europe, exception faite d’un Tony Blair qui aime aussi se rouler dans le luxe. Reste que tous ces baltringues sont élus par une population qu’ils méprisent et qui leur sert d’alibi pour s’estimer au-dessus de lois.

Libre à Sarko de se rendre au dîner du Crif, le grand raout juif annuel où la droite et la gauche confondues se précipitent. Je croyais, naïvement, que notre République laïcarde, n’avait pas à se mêler de religion suivant le principe établi dès 1905 de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. A priori, ce principe ne fait ni chaud ni froid au Sarko d’aujourd’hui comme au vulgaire Chirac d’hier. Mitterrand n’y a foutu les pieds qu’une seule fois… en 1991. Ce dîner a été inauguré en 1985 et une sorte d’usage s’est instaurée qui voit, en général, le Premier ministre qui se taper la corvée de bouf casher.

Ce n’est pas parce qu’il est président de la République qu’il doit raconter des conneries et s’imaginer qu’il parle au nom du peuple français. Le Président – quel qu’il soit dans ce marigot démocratique – ne représente qu’une fraction de la population française et non sa totalité et il fait fausse route en venant nous dire que le judaïsme fait partie des racines de la France. On doit plus, intellectuellement, aux Arabes contre lesquels sont partis ferrailler les Francs au XII et XIIIème siècles qu’aux Juifs enfermés dans leurs ghettos. Mais, ce sont certainement les origines juives de Sarkozy qui parlent. Sarko aurait dû en toucher deux mots à l’inverti mitterrandien qui a fait rayer de la carte des commémorations un certain Louis-Ferdinand Céline. Cette manie qu’ont nos pseudos démocrates de parler au nom de tous a quelque chose de profondément irritant. Surtout quand, toutes cliques politiques confondues, on a ouvert les vannes de l’immigration. Parler du peuple français en 2011 relève de la gageure.

Cela dit Sarkozy aurait dû mieux écouter le président du Crif, Richard Prasquier quand il s’est exclamé : « Dans le monde les juifs sont une petite minorité. (…) Ils ont une religion commune, une histoire commune, et une approche de la vie commune. C’est pourquoi les Juifs sont un peuple. Israël est le seul pays au monde où les Juifs sont et devront rester majoritaires ». On voit mal au nom de quel principe ce qui vaut pour les Juifs ne vaudrait pas pour les Gaulois.

Ces derniers temps, les pages de nos journaux ont été très occupées par les bouleversements intervenus en Tunisie et en Égypte. On a parlé un peu vite de « révolution ». Pour ce qui est de la Tunisie, l’armée, sur les conseils des Américains, a foutu à la porte un Ben Ali qui ne voulait pas partir. Résultat des courses ? Une technocratie, déjà en place sous le dictateur, est aujourd’hui aux manettes et tente de remettre le pays en état de marche. Face à elle, on ne voit pas émerger une force capable de représenter ce peuple qui est descendu dans la rue. On est en pleine confusion.

En Égypte aussi, l’armée, aux ordres des Américains, s’est bien gardée d’affronter une large frange de la bourgeoisie des villes et des jeunes qui sont descendus dans la rue pour réclamer le départ de Moubarak. Résultat des courses, Moubarak est toujours là, et ordre a été donné, par les Américains, de protéger le dictateur en vertu de ses bonnes dispositions envers Israël. Les Américains ne savent pas trop sur quel pied danser face à ce soulèvement populaire. Je crains fort que les Égyptiens ne le sachent pas non plus. Les Frères musulmans, seule force d’opposition réellement constituée dans ce pays, ont conscience qu’un État religieux ne serait pas toléré par Israël, voire les Égyptiens eux-mêmes. Là aussi, la confusion est totale et on a bien du mal à anticiper une issue. Si la démocratie n’est pas, loin s’en faut, le meilleur des régimes, elle répond néanmoins de quelques critères assez précis qui, à ce jour, ne sont pas réunis en Égypte et en Tunisie.

11 février, 2011 à 2:14


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