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Par deux fois, la justice l’avait déboutée. Mais ce mardi 19 mars, la Cour de cassation a donné raison à la salariée de la crèche Baby Loup qui avait été licenciée pour avoir refusé d’ôter son voile islamique. Sale temps pour la laïcité.

La Cour de cassation a tranché. Une crèche n’étant pas un service public, les principes de laïcité ne s’y appliquent pas. Une victoire pour la salariée qui avait été licenciée de la crèche Baby Loup pour avoir refusé d’ôter son voile islamique. Dans la bataille juridique qui l’opposait à son ancien employeur, Fatima Afif avait pourtant été déboutée non pas une, mais deux fois. A deux reprises, le conseil des Prud’Hommes, puis la cour d’appel de Versailles, ont considéré que le licenciement de cette femme était justifié, et qu’il ne présentait pas de caractère discriminatoire. « Ces enfants, compte tenu de leur jeune âge, n’ont pas à être confrontés à des manifestations ostentatoires d’appartenance religieuse », disait le jugement en appel. Dans le règlement intérieur de la crèche, il était clairement stipulé qu’une stricte neutralité religieuse devait être observée dans l’enceinte de ses murs. Fatima Afif le savait, elle a gardé son voile, elle a été licenciée en 2008. La directrice de la crèche avait à l’époque reçu le soutien appuyé et remarqué de Manuel Valls, Elisabeth Badinter et Jeanette Bougrab.

Mais voilà : aujourd’hui 19 mars, la cour de Cassation a estimé que le règlement de la crèche Baby Loup était contraire aux libertés fondamentales. « Le principe de laïcité n’est pas applicable aux salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public », affirment les magistrats. Autrement dit, les signes religieux ostentatoires sont interdits à l’école, mais pas à la crèche. Retour à la case départ, la bien nommée cour de Cassation ayant renvoyé les parties devant la cour d’appel.

Un coup dur pour Natalia Baleato, directrice de la désormais célèbre crèche, sise à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines. Depuis cinq ans, cette réfugiée politique chilienne fait face à toutes les attaques pour que survive ce lieu qu’elle a mis tant d’énergie à créer : une crèche ouverte 24h/24, sept jours sur sept. En gardant leurs enfants depuis 1991, Natalia Baleato a tout simplement offert aux femmes de son quartier la possibilité de travailler. A Chanteloup-les-Vignes, dont Mathieu Kassovitz avait filmé les tours et l’atmosphère désœuvrée en 1995 dans La Haine, une telle offre était inespérée. Pour perdurer, le service devait être absolument laïque, plus de cinquante nationalités différentes étant représentées dans la ville.

Aujourd’hui, la cour de Cassation a jeté une pierre dans le jardin de cette femme qui avait pourtant enregistré de beaux succès, là où toutes les politiques d’intégration avaient échoué. Manuel Valls a de son côté regretté cette « mise en cause de la laïcité », pendant que Sihem Souid, conseillère de Christane Taubira au ministère de la Justice, s’est fendue d’un tweet enthousiaste : « Affaire Baby loup : Habchi, Bougrab et Fourest qui avaient témoigné à la barre contre l’employé. Merci à la justice! Vive la justice ! ». Triste jour pour la laïcité.

Source : http://www.marianne.net/Babyloup-la-laicite-malmenee_a227543.html

28 mars, 2013 à 15:40


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